Ce n'est pas fini. Son sourire, sa présence, son souffle,le son de sa voix, la chaleur qu'il dégage. Elle sent sa force diminuer, son énergie la quitter. Il n'y a plus de bonne humeur. Soupires, espoirs envolés, regrets. Plus d'éclaircies, plus de rayons de soleil, plus rien ne s'éveille, tout en elle s'affaiblit et semeurs. Elle la quitte. Elle la sent partir, heure après heure, minute après minute, seconde après seconde. Le mot tristesse ne veut rien dire pour elle. Le désespoir n'a pas de sens. Les mots ne sont plus que des mots posés sur le papier ou prononcer par les lèvres. Plus que des murmures, elle susurre des peurs qui n'ont d'existence que dans son corps. Elle frissonne, elle grelotte, elle a mal. Le froid et le chaud ne sont plus que des mots eux aussi. Elle ne ressent plus rien. La nourriture n'a plus de goût. Ses sens ne fonctionnent plus, ils sont comme inexistants. Indifférente à un toucher, sourde aux sons de leur voix, aveugle malgré leurs présences. Elle déteste. Non. Elle hait. Elle se hait. Elle n'est rien pour elle. Propre ennemie. Elle ne pleure pas, elle hurle. Elle n'a pas peur, elle est terrorisée. Elle n'est pas amoureuse, elle meurt d'amour. Son odeur... Indéfinissable. Mais pourtant inoubliable. Comme-ci cet être envahit son corps et lui offrait avec tendresses des coups de poignards, jour après jour. Elle ne voulait pas de ça. Elle a du courage, ils disent. Elle est forte, ils disent. Elle ne sait pas ce que c'est, ils disent. Mais elle, elle ne dit rien. ELLE, elle n'existe pas. Car il ne la voit pas, et elle ne veut exister qu'à ses yeux. Phèdre elle te comprend. ' Il suffit de ses yeux pour l'en persuader, si ses yeux un moment pouvaient la regarder '. Elle hurle! Elle se mort les lèvres. La douleur est trop forte pour son âge si faible. Elle souffre. Sa peau, peu à peu, semble durcir, et son visage, ne plus jamais pouvoir sourire. Comme si ces années étaient une guerre durant laquelle elle fût blessée. La blessure n'a pas cicatrisé. Elle a été marqué au fer. Son simple reflet est une torture. Elle n'aime pas ce qu'elle devient. Mais elle ne peut rien faire. Elle n'a jamais eu le choix, elle n'a jamais voulu ça. Elle est à bout de force. Pourtant, elle est courageuse, ils disent. Elle est forte, ils disent. Inutile, insignifiante. Elle N'EST plus. Son corps ne vit plus, il se contente de suivre le mouvement quotidien. Rien que pour lui. Rien que pour s'éteindre à petits feux. Labyrinthe, cycle infernal, qui se répète et n'a de cesse.. . il n'a pas de cesse. Elle en arrive à un point qu'elle n'envisage plus d'arcs-en-ciel. La vision d'un coucher de soleil la rend aveugle. Le lever du soleil, l'aurore du nouveau jour, annonce le recommencement incessant de sa 'vie'. Si quelqu'un peut appeler ce qu'elle traverse une vie. Elle sent les coups de poignards. Elle ne voit seulement pas encore le sang couller.. . Elle n'est plus 'elle'. Un substitut, un reste, une poussière qui se perd dans le néant. Et vous savez ce que j'en dis... Elle aime.
Décembre 2005.